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Ce musée contient plus de 1500 objets, datant du XVIIIème au XXème siècle, provenant de toutes les régions du Maroc, et se rapportant aux différents aspects de la vie religieuse et profane.
Ceux-ci peuvent être classés comme suit :
I. Objets de culte
Il ne reste que très peu de traces de l'art juif ancien au Maroc, car comme tous les autres pays du monde islamique, l'objet ancien n'avait aucun attrait pour les populations de l'époque.
Au Maroc, les métiers étaient transmis de génération en génération dans les mêmes familles (d’où l’origine fréquente des patronymes représentatifs du métier familial).
Il était de tradition que lorsqu'un objet était usé, celui-ci était recyclé dans la mesure du possible. Par exemple, l'on faisait fondre le métal d'un objet ancien afin d'en créer un nouveau, conservant la plupart du temps le style du précédent. C'est le cas des objets de style hispano-mauresque utilisés notamment pour les lampes de Hanukka. Pour cette raison, il est aisé de retrouver les styles et les symboles des siècles passés sur les objets plus récents.
II. Objets du cycle de l'année
Les traditions religieuses des fêtes donnaient l'occasion aux communautés juives du Maroc de répéter dans l'espace et le temps des rites dont le sens maintenait la cohésion du groupe auquel chacun se sentait appartenir.
Les fêtes s'exprimaient avec des nuances régionales. Les objets utilisés pour ces occasions portaient des symboles différents selon le groupe d'origine (par exemple, au nord du Maroc, la symbolique avait été importée par les juifs d'Espagne).
III. Objets du cycle de la vie
Plusieurs manifestations accompagnent les différents moments importants de la vie du juif marocain, que sont la naissance et la circoncision (pour les nouveaux-nés mâles), la bar mitzvah, le mariage, la vieillesse et la mort.
Ces manifestations s'articulent principalement autour d'activités sociales et musicales.
Des différences restent marquées par région selon l'origine du groupe social (par exemple, le mariage juif dans le sud marocain est d'influence berbère)
IV. Objets des traditions populaires
Au Maroc, les croyances magiques étaient d'une grande importance dans la vie quotidienne. Les talismans et amulettes permettaient l'expression de ces croyances, ainsi que le talent des artistes qui les façonnaient.
L'amulette telle la main de Fatma (hamsa) était portée (et l'est toujours) par les femmes musulmanes comme par les juives, par coquetterie ou par superstition.
Au Maroc, certains travaux d'artisanat, tels le travail du cuir, du bois, et du cuivre, étaient communs aux juifs et aux musulmans, alors que d'autres, comme le travail de tissage, souvent au fil d'or, l'orfèvrerie, et les tailleurs, étaient uniquement des métiers exercés par des juifs.
V. Artisanat
Les artisans se groupaient en corporation, protégeant ainsi leur profession, tout en menant parallèlement une activité religieuse ou sociale.
L’exemple souvent cité est celui du Rabbin Yéhouda Ben Attar qui, pour ne pas vivre aux dépens de la communauté, exerçait le métier d’orfèvre.
VI. Costumes
C'est notamment par les costumes et les bijoux que l'on peut aisément observer l'importance de l'influence régionale au Maroc.
Deux grandes catégories de costumes et de bijoux se distinguent :
- ceux des villes d'une part,
- ceux des campagnes, de l'autre.
La grande particularité de la femme citadine est qu'elle portait un costume cousu en 2 ou 3 pièces (comme en Europe), alors que la femme de la campagne ne portait pas de vêtements cousus. Elle ne se drapait que d'une seule pièce d'étoffe retenue par des fibules.
Ce n'est qu'au début du XXème siècle, avec l'arrivée des Français, et petit à petit, que les costumes traditionnels furent remplacés par la tenue européenne.
VII. Bijoux
Tout comme les costumes, les bijoux citadins étaient différents des bijoux ruraux. Les premiers étaient presque toujours en or, avec parfois des pierres précieuses, alors qu'à la campagne les bijoux étaient la plupart du temps constitués d'argent, parfois agrémenté d'émaux. Ici aussi l'influence régionale a beaucoup marqué les styles, à décor espagnol pour le nord du pays et dans les grandes villes, ou aux motifs berbères dans le sud et les campagnes
VIII. Musique
Les créations musicales juives du Maroc ont de tous temps cherché à préserver la foi religieuse et l'identité du groupe.
La musique arabe a beaucoup marqué de son influence la musique juive du Maroc, et cela depuis l'époque arabo-andalouse.
En quittant le Maroc, les juifs ont emporté avec eux leurs chants religieux. Ces chants sont restés une mémoire vivante de la communauté et on peut encore les écouter dans les synagogues d'Israël, de France, ou du Canada
IX. Peinture
Etant donné que la représentation humaine est interdite dans les religions juive et musulmane, la majorité des peintures, dessins, croquis, ou aquarelles réalisés au Maroc furent des oeuvres de peintres étrangers, français tout particulièrement.
Parmi les plus connus, il faut citer Delacroix, qui rapporta de sublimes tableaux sur les juifs de Tanger.
D'autres peintres du XIXème siècle, tels Alfred Dehodencq, Théo Van Ryssebeghe, Edy-Legrand, ont aussi laissé des traces de cette ambiance du judaïsme marocain
X. Photographies
Les étrangers ne pouvaient traverser le Maroc, de la moitié à la fin du XIXème siècle. On ne trouve dès lors que très peu de photographies datant de cette période.
Les seules villes où quelques photographes ont pu s'aventurer furent Tanger et Mogador
XI. Cartes postales
Il existe plus d'un millier de cartes postales connues, traitant de sujets juifs du Maroc, les plus divers, et datant de 1900 à 1930 environ
XII. Gravures
La majorité des gravures qui traitent de sujets juifs n'apparaissent qu'au début du XXème siècle.
Moins d'une cinquantaine sont connues ayant pour thème les juifs du Maroc.